1ère spécialité SVT

ViTa : un chatbot avec ou sans IA, créé pour et par les élèves

Avec ChatMD, CodiMD, la Forge des communs numériques éducatifs

Cet article présente un projet de création de chatbot avec ChatMD. L’agent conversationnel, nommé ViTa, sert d’outil d’entraînement et de mémorisation à destination d’élèves de 1ère spécialité SVT. Les contenus du chatbot sont en partie créés par l’enseignante, en partie proposés par les élèves au fil de l’année. La connexion à un agent conversationnel (IA) est facultative, et cadrée par une base de connaissances fournie par l’enseignante.

seconde première lycée exemple d’activité support numérique

Mis à jour le lundi 9 février 2026 , par Mélanie Fenaert

Professeur
Mélanie FENAERT, au lycée Blaise Pascal, Orsay (91)

Introduction

Vidéo de présentation
Cette vidéo présente rapidement et sans son quelques éléments du chatbot et de sa création.


Pour tester la version du 1er septembre 2024, incluant 40 QCM niveau Seconde et des prompts pour "En savoir plus" :

  1. Ouvrir le chatbot ViTa sauvegarde du 01/09/24
  2. Dans la fenêtre popup, laisser le champ vide pour avoir le chatbot sans IA, ou mettre ce mot de passe pour le connecter à l’IA : ViTaTEST
Capture d'écran de la fenêtre popup.
Fenêtre popup pour entrer le mot de passe lié activant l’IA
Capture d’écran de la fenêtre popup.

Pour tester la version finale de mai 2025 avec des contenus de 1ère spécialité ajoutés, et des interactions plus poussées avec l’IA, même processus, et mot de passe : SVTPOWER

Un « chatbot avec ou sans IA » ?

Un chatbot, ou agent conversationnel ou encore dialogueur, est un programme informatique conçu pour simuler une conversation avec des utilisateurs humains via des messages textuels ou vocaux.

Il en existe deux grands types :

  • chatbots basés sur des règles : ils suivent des scripts prédéfinis et répondent en fonction de mots-clés ou d’instructions spécifiques. Ils sont plus limités car ils ne comprennent pas vraiment le langage, mais ils fonctionnent bien pour des tâches simples (par exemple, répondre à des questions fréquentes pour une FAQ).
  • chatbots basés sur l’IA générative : Ils utilisent des techniques d’IA, comme le traitement du langage naturel (NLP) et les réseaux de neurones, pour analyser les messages et produire des réponses adaptées. Bien qu’ils ne “comprennent” pas les conversations au sens humain du terme, ils identifient des patterns et génèrent des réponses basées sur des probabilités, en s’appuyant sur de vastes ensembles de données pour simuler une interaction naturelle. Ils peuvent gérer des conversations plus complexes et sont capables d’apprendre et de s’améliorer avec le temps.

L’expression « avec ou sans IA » rend compte de cette dualité, le chatbot proposé ici fonctionnant sur des interactions programmées mais aussi de manière facultative sur des interactions produites par l’IA générative de textes. Cependant, le premier type relève en réalité d’un des courants originels de l’intelligence artificielle, l’IA symbolique, tandis que le second type correspond à un courant plus récent, l’IA connexionniste. [1]

Caractéristiques de la séquence

Liaison avec le programme

Niveau concerné : Première spécialité SVT
Parties du programme : toutes

Place dans la progression

Ce projet est mis en place dès le mois de septembre et se poursuit toute l’année.

Motivation
Je propose depuis quelques années divers outils de révision à mes élèves de tous niveaux (fiches mémo, Wooflash, exercices LearningApps...).
Avec ChatMD, j’ai souhaité rassembler une grande partie de ces contenus en un seul support gratuit, ne récoltant pas de données (selon le mode d’utilisation), facilement accessible sur smartphone, toujours disponible pour eux les années suivantes si besoin. Le chatbot construit devient au fil de l’année un outil d’entraînement et de mémorisation à long terme.
La co-construction avec les élèves leur permet de repérer les notions importantes, de travailler la métacognition, de mettre en œuvre quelques notions de programmation légère, et d’aborder l’utilisation de l’IA avec un esprit critique.
Notions, savoir-faire, compétences
  • Toutes les notions des programmes de Seconde et de Première spécialité SVT
  • Compétences transversales
    • Exercer un esprit critique
Cadre de référence des compétences numériques (CRCN)

Domaine 2 : Communication et collaboration
 Compétence 2.2 Partager et publier

Domaine 3 : Création de contenus
 Compétence 3.4 Programmer

Domaine 5 : Environnement numérique
 Compétence 5.2 Évoluer dans un environnement numérique

Déroulement de la séquence

Durée : 15 minutes à la fin de chaque chapitre
Coût : 0 euros
Sécurité : RAS

Outils numériques et ressources
  • ChatMD, un outil libre et gratuit créé par Cédric Eyssette, hébergé sur le Forge des communs numériques
  • CodiMD : cette interface est disponible sur le portail apps.education.fr. Il s’agit d’un "pad avancé" qui utilise la syntaxe Markdown (langage de balisage léger)
  • Pour relier le chatbot à une IA (LLM) : clé API gratuite générée par l’enseignante sur le site cohere.com (en attendant un LLM fourni par l’Éducation nationale)
  • La Forge des communs numériques éducatifs : accessible via apps.education.fr, permet d’héberger les images, sons, et éventuellement le fichier Markdown du chatbot

NB : Apps.education.fr est une plateforme développée au sein de la Direction du Numérique pour l’Éducation, qui propose les outils essentiels du quotidien à l’ensemble des agents de l’Éducation nationale. Ce portail offre aux utilisateurs une plateforme de Services Numériques Partagés, à l’échelle nationale à laquelle l’agent conserve son accès même en cas de changement d’académie.

Déroulement détaillé

Préparation du chatbot

La base du chatbot est constituée d’un agent conversationnel nommé ViTa et de 40 questions à choix multiple, regroupées en 4 thèmes, portant sur le programme de Seconde.

L’avatar de ViTa a été créé par une IA générative d’image (Copilot designer).

Image en pixel art d'une enseignante
Avatar de ViTa
Image en pixel art d’une enseignante portant une blouse blanche, devant un tableau, avec un microscope, un globe et des tubes à essai autour d’elle. Image créée avec Copilot designer.

Le chatbot propose de réviser 4 grands thèmes, chacun ensuite décliné en deux niveaux : Seconde et 1ère spécialité SVT.

Le niveau Seconde est implémenté dès la rentrée, le niveau spécialité est "en travaux" : ce sera aux élèves de proposer ces contenus au fil de l’année.

Tester la version de rentrée
Dans chacun des thèmes de niveau Seconde, une série de 10 QCM est proposée. On y trouve :

  • des questions avec une ou plusieurs bonnes réponses possibles parmi des choix
  • quelques questions ouvertes demandant de taper une séquence de nucléotides
  • des boutons "En savoir plus" associés à une invite (prompt) pré-enregistrée,
  • des rétroactions sonores, en images et textuelles (erreur, félicitation, encouragement)
  • un découpage de chaque série en deux niveaux, matérialisés par un son particulier
  • la possibilité de revenir au début à tout moment

Dans la version 1ère spécialité SVT, s’y ajoutent progressivement :

  • les QCM et "En savoir plus" des élèves
  • des vidéos
  • des exercices interactifs
  • des images 2D ou 3D issues de Mesurim2
  • des questions à réponse libre de l’élève, avec réponse évaluée par l’IA
Présentation aux parents et aux élèves

L’outil est présenté aux élèves avec test en direct, et aux parents via messagerie et lors de la réunion parents-professeurs.
Un support de présentation peut être utilisé :

Présentation du chatbot ViTa
Support de présentation au format PDF
Implication des élèves dans la création du contenu

À chaque fin de chapitre, les élèves sont incités à proposer en équipe des contenus pour enrichir le niveau 1ère spécialité SVT de ViTa.

Les consignes :


Par binôme ou équipe, proposez :
  • entre 3 et 5 questions pour 1 ou 2 chapitres de type QCM, et indiquer les différentes réponses possibles et celle(s) correctes
  • ou un ou deux "prompts" = phrase de consigne, pour "En savoir plus")

En début d’année, je suis passée par une équipe privée dans Pearltrees avec eux, mais il s’est avéré plus simple par la suite de leur proposer une note collaborative dans CodiMD directement (outil de création du chatbot).

Propositions de QCM par les élèves
Notes créées dans Pearltrees

La création de QCM leur vient facilement. L’enseignante peut vérifier et commenter leurs propositions, l’occasion de parfois rectifier une mauvaise compréhension d’une notion.
Pour faciliter l’implémentation dans le chatbot, je conseille de leur imposer la syntaxe Markdown, simple à comprendre :


COPIER-COPIER LE FORMAT CI DESSOUS et modifier :

Remplacer cette phrase par votre question.
1) [proposition 1](Bonne réponse)
2) [proposition 2](Erreur)
3) [proposition 3](Erreur)
4) [proposition 4](Erreur)

Pour un prompt : (!useLLM Rédiger votre consigne pour le chatbot.)
Ajouter une ou deux phrases pour le RAG, contenant les connaissances répondant à cette question.

En début d’année, les élèves n’envisagent pas la rétroaction autre que "vrai" ou "faux". De même, la création de prompt pour les "En savoir plus" n’est pas naturelle pour eux, d’autant qu’ils sont alors au stade de l’apprentissage et non à celui de l’approfondissement.
À partir du 2e trimestre, un travail spécifique sur la rétroaction, le prompt et le RAZG (constitution d’une base de connaissances textuelle) a été effectué, par l’intermédiaire de différents outils dont DuckDuckGo AI Chat et Vittascience module génération de texte [2].

Focus sur un outil : ChatMD

Logo de ChatMD
Présentation

ChatMD est un outil libre et gratuit qui permet de créer facilement un chatbot personnalisé à partir d’un simple fichier en Markdown (langage de balisage léger). Son auteur est Cédric Eyssette, professeur de philosophie dans l’académie de Lyon.

On peut imaginer de nombreux usages :

  • Tutoriel pour un outil informatique ou technique
  • Guide méthodologique
  • Soutien pour la révision d’un cours, quiz interactif,
  • Discussion avec un personnage historique,
  • Histoire dont vous êtes le héros
  • Escape game…

La syntaxe de base est simple, mais ChatMD peut être configuré pour des usages plus complexes : personnalisation de l’interface, utilisation de variables, de choix aléatoires, possibilité de lien avec de l’IA générative de texte (LLM), de lui donner une base de connaissances (RAG), de faire évaluer une réponse de l’élève par l’IA…

Avantages
  • Loin des langages de programmation classiques, la syntaxe en Markdown est assez naturelle et très facile à apprendre.
  • ChatMD est libre, gratuit, hébergé sur une instance de l’Éducation nationale (la Forge des communs numériques éducatifs), ce qui est une garantie de stabilité de l’outil. Sans l’IA, ChatMD est totalement RGPD. Aucun donnée élève n’est récoltée.
  • La connexion à l’IA générative de texte est facultative. En attendant une solution institutionnelle, il faut utiliser une clé API personnelle. Le site proposé dans cet article récolte très peu de données, mais il faut nécessairement passer par l’autorisation du chef d’établissement et le consentement éclairé des parents.
  • On peut crypter sa clé API (avec cet outil) pour la cacher des utilisateurs, et leur fournir un mot de passe à la place.
  • Avec ou sans IA, les possibilités pédagogiques sont grandes : aide technique ou méthodologique, support de révision, histoire dont vous êtes le héros, escape game...
  • ChatMD propose de nombreuses fonctionnalités, son développement actuel est rapide. L’auteur, Cédric Eyssette, est très à l’écoute des demandes d’amélioration. Il est joignable via les réseaux sociaux (Mastodon, LinkedIn, Twitter/X) et sur Tchap (messagerie instantanée des agents de l’État) où un salon est dédié à l’outil.
Inconvénients
  • L’outil ne récoltant pas de traces, il n’y a pas de visibilité sur l’activité des élèves. Il est nécessaire de régulièrement les inciter à utiliser le chatbot, en classe (sur une fin de séance par exemple) et à la maison via le cahier de textes.
  • La création du chatbot nécessite l’apprentissage des bases de la syntaxe en Markdown, mais cela vient assez rapidement. L’interface de CodiMD permet de facilement manipuler les éléments de syntaxe nécessaires : mettre les mots en gras, créer des paragraphes, ouvrir et fermer des crochets, etc.
  • Pour l’instant, l’absence d’un LLM issu de l’Éducation nationale oblige à passer par un fournisseur privé. Des sites proposent des clés API gratuites comme cohere.com, très peu de données sont récoltées (simple journal des tokens utilisés par jour) mais il faut nécessairement passer par l’autorisation du chef d’établissement et le consentement éclairé des parents. De plus, ces offres restent limitées (en nombre de tokens notamment, donc d’interactions), et peuvent à tout moment être modifiées et devenir payantes.
Des tutoriels pour construire votre chatbot

Cédric Eyssette propose l’indispensable chatbot de ChatMD, qui agrège de nombreux tutoriels de la prise en main aux fonctionnalités les plus avancées. Il est régulièrement mis à jour et fournit des liens vers de nombreux exemples de différentes disciplines.

Introduction du chatbot tutoriel de ChatMD

Si vous souhaitez en savoir plus et apprendre la syntaxe Markdown, vous pouvez :

Voici à quoi ressemble l’interface de CodiMD avec une partie du code de ViTa (à gauche), et la correspondance visible dans le chatbot (à droite) :

Insertion de texte, image et choix
Fenêtre de code à gauche, rendu du chatbot ViTa à droite

Les mini-tutoriels ci-dessous prennent comme exemple des chatbots aux contenus SVT.

  • Se rendre sur apps.education.fr, choisir l’application "Pad avancé CodiMD". Si elle n’est pas déjà sur votre page d’accueil, vous la trouverez dans "Les services", et cliquez sur le + pour la mettre en favori.
    Parmi les applications, Pad avancé CodiMD est encadré en rouge
    Page des applications de apps.education.fr
    Parmi les applications, Pad avancé CodiMD est encadré en rouge
  • Créer une Nouvelle note
  • Modifiez si besoin le mode de visualisation pour avoir accès à l’interafce de code à gauche et au rendu textuel à droite.
    Capture d'écran indiquant où modifier la visualisation
    Modifier la visualisation du pad CodiMD
    Capture d’écran indiquant où modifier la visualisation
  • Créer l’amorce de votre chatbot avec vos phrases d’accueil. La première ligne avec # est le nom de votre chatbot.
# Oscar
Bonjour !
Je suis Oscar, ton chatbot assistant en Sciences de la vie et de la Terre.
Que souhaites-tu réviser ?
  • Vous pouvez personnaliser votre chatbot en lui donnant un avatar. Pour cela, créez un en-tête avec des triplets de tirets et ajoutez avatar : avec le lien de votre image. Dans l’exemple ci-dessous, l’image issue de Freepik est hébergée sur la Forge des communs numériques.
  • Facultatif : avec avatarCercle : true, l’image est découpée automatiquement en rond.
---
avatar: https://forge.apps.education.fr/mfenaert/chatbots/-/raw/main/Images/9173214.jpg
avatarCercle: true
---
# Oscar
Bonjour !
Je suis Oscar, ton chatbot assistant en Sciences de la vie et de la Terre.
Que souhaites-tu réviser ?

Pour visualiser votre chatbot en ligne :

  • Ouvrez chatMD
  • Ajoutez un # au bout du lien
  • Copiez le lien de votre note CodiMD et collez-le après le #
  • Validez et/ou actualisez la page
Création du lien du chatbot
l’adresse de chatMD # l’adresse de la note sur CodiMD

Important : un pad CodiMD peut être utilisé pour de la rédaction collaborative, ce qui est intéressant si le chatbot est un projet d’équipe. Cependant, il peut aussi être accessible à toute autre personne, selon le degré de visibilité qu’on lui donne (et donc potentiellement modifié ou supprimé !).
Pensez à modifier ce niveau de visibilité selon vos souhaits. Personnellement je choisis généralement "Locked" : moi seule peux éditer mon pad, mais il est visible pour toute personne ayant le lien.

Niveaux de visibilité d’un pad CodiMD

Des choix permettent à l’élève de naviguer entre des thèmes et de répondre à des questions de type QCM.

  • La syntaxe est celle d’une liste numérotée. Pour chaque choix, on indique entre crochets le texte apparent dans le bouton, et entre parenthèses le titre exact du paragraphe vers lequel amène ce choix. Ces paragraphes sont identifiés par un double ## dans la note CodiMD.
  • Si les parenthèses sont vides, l’utilisateur reviendra à l’accueil du chatbot.
  • On peut proposer une liste fixe ou un ordre aléatoire : par exemple fixe pour la navigation dans les thèmes, aléatoire pour les réponses possibles à une question, comme dans l’exemple ci-dessous.
    Fenêtre de code à gauche, rendu du chatbot ViTa à droite
    Choix en ordre fixe ou aléatoire
    Fenêtre de code à gauche, rendu du chatbot ViTa à droite

Syntaxe pour un ordre fixe, avec des points :

1. [Niveau collège-2de](Terre 2de)
2. [Niveau 1ère spécialité SVT](Terre 1spé)
3. [Retour au message initial]()

Syntaxe pour un ordre aléatoire, avec des parenthèses fermantes :

1) [la croûte terrestre](Terre q1bis)
2) [le manteau](Erreur)
3) [le noyau externe](Erreur)
4) [le noyau interne](Erreur)
  • Les deux syntaxes peuvent être mélangées si on souhaite qu’une proposition soit toujours proposée à une place fixe (par ex en dernier).
  • Pour éviter que les réponses ne soient révélées au survol, ajouter dans l’en-tête obfuscate : true.
  • Si on ne veut programmer que des choix, et supprimer le champ de réponse libre, ajouter dans l’en-tête : clavier : false.
  • Il est possible de proposer des questions aléatoires (exemple dans ViTa avec les questions sur les nucléotides complémentaires). Se référer au tutoriel de ChatMD qui propose de nombreuses fonctionnalités avancées.

Dans l’exemple précédent, on peut voir que trois choix sur quatre amènent vers le même paragraphe nommé ## Erreur. On peut différencier ce message d’erreur de diverses manières.

  • Créer des paragraphes différents quand on veut non pas un message générique mais un message précis, comme dans l’exemple ci-dessous. La réponse "à rien" amène vers le message générique d’erreur, les deux autres réponses ont chacune un paragraphe spécifique ## Erreur litho et ## Erreur prof.
    Rétroactions (erreurs)
    Fenêtre de code à gauche, rendu dans le chatbot ViTa à droite
  • Introduire des variables qui diversifient les rétroactions positives et négatives. Dans ViTa, trois variables ont été créées : bravo, erreur et encourage. Elles se définissent dans l’en-tête, avec pour chacune une demi-douzaine d’expressions possibles accompagnées ou non d’emojis (par exemple :cry : ) et séparées par un triple ///.
Variables pour les rétroactions
Zoom sur la fenêtre de code
variables:
   bravo: "Bravo ! /// Tout à fait ! /// Bonne réponse ! /// C'est exact ! /// C'est une bonne réponse ! /// Excellent !"
   erreur: "C'est une erreur :-1:/// Eh non :anguished:/// Pas de chance :laughing:/// C'est inexact :anguished: /// Ce n'est pas la bonne réponse :cry: /// Aïe aïe aïe !:laughing:/// Nope... "
   encourage: " Cherche encore. /// Recommence. /// Essaye encore ! /// Retente ta chance ! /// Réfléchis encore. /// Propose autre chose !"
  • Ces variables sont ensuite à intégrer dans les paragraphes voulus avec la syntaxe : @{bravo}, @{erreur} et @{encourage}, et seront appelées de manière aléatoire lors des messages d’erreur, d’encouragement ou de félicitation.
Variables d’erreur et d’encouragement
Fenêtre de code à gauche, rendu des messages aléatoires d’erreur et d’encouragement dans le chatbot ViTa à droite.

On peut insérer des ressources hébergées dans un espace personnel, ici j’ai choisi la Forge des communs numériques éducatifs.
Insérer un son et une image
Fenêtre de code à gauche, rendu du chatbot ViTa à droite

Exemple de code pour une image :

![Structure interne Terre niveau collège](https://forge.apps.education.fr/mfenaert/chatbots/-/raw/main/Images/ViTa/structureterre-college.PNG "structure de la Terre en couches concentriques")

Le texte alternatif entre guillemets est visible au survol ou au clic sur l’image.

Pour ajouter une source de l’image, visible mais plus petite que le texte du dialogue, on peut utiliser la balise aside.
<aside>Source : SVT Dijon modifié</aside>

Exemple de code pour un son :
!Audio:https://forge.apps.education.fr/mfenaert/chatbots/-/raw/32da32e85b01e7a067d24e3b368e501ddecdd519/Sons/615100__mlaudio__magic_game_win_success_2.wav

On peut aussi insérer une ressource externe (hébergée en ligne) via une iframe : vidéo, exercice interactif (LearningApps, H5P...), tout site externe autorisant la visualisation via une iframe.
Ci-dessous, j’ai inséré une fenêtre de Mesurim2 avec un modèle de granite en 3D ; il faut pour cela utiliser la version hébergée sur le site personnel de Philippe Cosentino, et générer une iframe par exemple avec La Digitale.

Insertion d’une vidéo et d’un objet 3D via une iframe
Fenêtre de code à gauche, chatbot ViTa avec une vidéo des "Cailloux confinés" et un granite en 3D via Mesurim2

Association à l’IA
En attendant un modèle de langage ("moteur" de la génération de texte) institutionnel, il est nécessaire que le créateur du chatbot se crée une clé API.

  • Aller sur cohere.com
  • Créer un compte (gratuit)
  • Dans le menu, aller dans "API keys"
  • Copier la clé fournie (gratuite, sous limite d’un nombre d’interactions mensuelles)

Dans l’en-tête du chatbot, ajouter ces éléments :

useLLM:
   url: https://api.cohere.com/v1/chat
   askAPIkey: true
   separator: auto
   postprompt: "Réponds en français, en 10 phrases maximum. Utilise le gras, l'italique et les listes en Markdown pour mettre en valeur les éléments importants. Termine sur une affirmation, pas de question."
   model: command-r-plus-08-2024
   maxTopElements: 5

Remarque : le modèle ici est command-r-08-2024 de cohere, ce site en propose plusieurs et les met à jour, ils peuvent donc aussi disparaître. À vérifier régulièrement et adapter si besoin.

Désormais une fenêtre pop-up s’ouvre au début du chatbot et demande la clé API. Il est possible de ne pas en mettre, dans ce cas le chatbot fonctionnera sans IA.

Création d’un prompt
Pour créer un bouton associé à un prompt interrogeant l’IA, à la manière des boutons "En savoir plus" de ViTa :

Créer un prompt pour une réponse générée par IA
Fenêtre de code à gauche, rendu dans le chatbot ViTa à droite

Exemple de code :

1. [En savoir plus](!useLLM Explique quelle roche constitue le manteau terrestre et pourquoi elle reste solide dans le manteau.)

Association à une base de connaissances
Un des soucis avec les chatbots à génération de texte, ce sont les hallucinations de l’IA. En effet, la question n’est pas comprise réellement, la réponse générée n’est qu’une suite de mots ou morceaux de mots statistiquement probables. Le chatbot peut dire de belles inepties, ou ne jamais atteindre un degré de précision scientifique satisfaisant.

Pour limiter ce souci, on peut associer le chatbot à une base de connaissances, ou RAG (Génération Augmentée de Récupération).

  • Créer un pas sur CodiMD dans lequel vous indiquez toutes les connaissances nécessaires. Pour ViTa, j’ai copié-collé le programme de Seconde et j’ajoute des paragraphes plus précis et des extraits du programme de 1ère spécialité au fil de l’année.
    Voir le fichier RAG de ViTa
  • Ajouter dans votre en-tête le lien vers votre fichier RAG : informations : "URL_DE_VOTRE_PAD/download"
useLLM:
   url: https://api.cohere.com/v1/chat
   askAPIkey: true
   separator: auto
   informations: "URL_DE_VOTRE_PAD/download"
   postprompt: "Réponds en français, en 10 phrases maximum. Utilise le gras, l'italique et les listes en Markdown pour mettre en valeur les éléments importants. Termine sur une affirmation, pas de question."
   model: command-r-plus
   maxTopElements: 5

Il est possible de laisser l’élève interroger l’IA de manière libre.

Dans ce cas, l’utilisateur doit utiliser une syntaxe précise, et débuter sa phrase en tapant  !useLLM.

Pour réduire les éventuels débordements, et n’ayant pas une confiance démesurée dans les capacités de l’IA à répondre correctement, j’ai fait le choix de ne pas en informer les élèves.

J’ai aussi supprimé l’accès au clavier sur tout le chatbot, tout en redonnant accès pour certaines questions nécessitant une réponse libre. Pour cela :

  • dans l’en-tête, indiquer :
    {clavier: false}
    {contenuDynamique: true}
  • dans un paragraphe où le clavier doit être accessible, indiquer :
    {`@KEYBOARD = true`}

On peut proposer des questions à réponse libre, et faire en sorte que le chatbot évalue la qualité de la réponse de l’élève. Pour cela on donne des critères d’évaluation à l’IA suffisamment précis.
Cela fonctionne plutôt bien, mais avec parfois des imprécisions. J’ai choisi d’encadrer ces réponses de l’IA d’un avertissement enjoignant l’utilisateur à garder un esprit critique.

Évaluation d’une réponse par l’IA
Fenêtre de code à gauche pour évaluer la question "Quels sont les 3 types de roches ?", réponse du chatbot ViTa à droite

Code de l’interaction avec évaluation de l’IA :

## test
`@KEYBOARD = true`
Quels sont les 3 grands types de roches ?

`@reponseroches = @INPUT : 3roches`


## 3roches

*Réponse générée par IA, garder l'esprit critique :*

`!useLLM`

J'ai demandé à un élève de me dire quels sont les 3 grands types de roches.

Voici sa réponse : `@reponseroches`.

J'attends ces trois catégories : roches sédimentaires, magmatiques et métamorphiques. Évalue sa réponse et donne lui des conseils pour l'améliorer. Adresse-toi à lui directement en le tutoyant. Réponds en utilisant le markdown pour souligner certains points en gras ou en italique.

`END !useLLM`

*Fin de la réponse générée par l'IA.*

texte, choix, etc.

Retours des élèves et analyse du dispositif

Les élèves ont bien accueilli le chatbot et se sont impliqués dans la création de QCM et du RAG à la fin des chapitres. Un travail spécifique sur les rétroactions et le prompt a été mis en place à partir du 2e trimestre.

Le sondage ci-dessous a été proposé aux élèves en fin d’année, 24 élèves y ont répondu (11 garçons, 13 filles).

RésultatsCommentaire
Pour les cinq première questions, les élèves devaient évaluer des propositions sur une échelle de 1 à 5 (1 = pas du tout d’accord ; 2 = un peu d’accord ; 3 = plutôt d’accord ; 4 = tout à fait d’accord).
histogrammes
Compréhension de ce qu’est l’IA, du fonctionnement des chatbots avec IA
Compréhension de ce qu’est l’IA grâce au chatbot et aux séances : impact modéré.
Note globale : 2,1
— 
Compréhension du fonctionnement des chatbots avec IA : les réponses sont plutôt centrées vers le milieu.
Note globale : 2,5
Retours assez mitigés, voire plutôt négatifs, sur la compréhension du fonctionnement de l’IA générative et des chatbots, ce point est à améliorer.
histogramme
Évaluation de la facilité de prise en main, et de l’aide du chatbot
La majorité trouve le chatbot plutôt simple à utiliser.
Texte retranscrit :La prise en main du chatbot ViTa a été simple et rapide.
Note moyenne : 3
— 
ViTa pour apprendre ou réviser des notions de SVT. Les avis sont partagés, avec beaucoup de réponses faibles.
Texte retranscrit : Le chatbot ViTa m’a permis d’apprendre ou réviser des notions de SVT.
Note moyenne : 2
  • La prise en main du chatbot en lui même est jugée simple et rapide par la majorité (66%). À noter, certains élèves ont confondu prise en main du chatbot et prise en main de l’outil de création, ce qui explique peut-être une partie des réponses négatives.
  • Réponses très partagées sur l’apprentissage et la révision des notions de SVT : 63% de réponses négatives voire très négatives, pour 37 % de positives. Comme nous le verrons plus loin avec les réponses libres, les élèves ont trouvé qu’il n’y avait au final pas assez de questions, ou trop simples.
histogramme
Motivation
Échelle de 1 à 4 sur la motivation.
Texte retranscrit : L’utilisation du chatbot ViTa a été plus motivante ou stimulante qu’une méthode de révision classique.
Note moyenne : 2.5
C’est aussi très partagé concernant l’aspect motivant ou stimulant de l’outil chatbot pour réviser (quasi des résultats de brassage interchromosomique...). On peut noter que le groupe était constitué de beaucoup d’élèves de plutôt bon niveau, qui n’ont pas forcément besoin d’un outil supplémentaire pour se motiver à apprendre.
Ma fréquence d’utilisation du chatbot ViTa :
histogramme
Usage du chatbot en dehors de la classe
Graphique en barres horizontales sur l’usage du chatbot en dehors de la classe.
Répartition quasi parfaite entre « utilisé en classe si demandé » et « parfois utilisé en classe » : ces résultats rejoignent ce que j’avais déjà pu constater avec d’autres outils de mémorisation (Wooflash par exemple). Leur offrir un peu de temps et les inciter régulièrement à exploiter le chatbot est important pour qu’il reste utile.
Mon usage du chatbot ViTa pour apprendre ou réviser : au cours de l’année il vous est arrivé de l’utiliser... (plusieurs réponses possibles)
histogramme
ViTa pour réviser un contrôle
Graphique en barres horizontales montrant quand les élèves utilisent ViTa pour réviser un contrôle.
73% ont utilisé le chatbot pour réviser pour les contrôles, soit juste avant, soit de manière plus planifiée quelques jours avant. Il leur était régulièrement rappelé dans le cahier de texte de réviser avec ViTa, ce qui a peut-être aidé à ce qu’ils s’emparent de l’outil.
Quelles impressions positives ou négatives après avoir utilisé le chatbot ViTa dans l’année ? Répondez par des mots uniques, validez à chaque mot. Au moins 3 mots.
nuage de mots
Nuage de mots
Nuage de mots, les plus fréquents sont en gros : utile, pratique, bien, ludique, simple
Les mots positifs sont majoritaires (ouf) : utile, bien, pratique, ludique, simple, original...
Les mots négatifs sont moins nombreux mais aussi présents : insuffisant, ennuyant/ennuyeux, inutile, inefficace, perte de temps, peu diversifié... et traduisent le ressenti d’une partie de élèves. Nous y reviendrons dans la partie BILAN.
Que pensez-vous des séances de création du contenu du chatbot ViTa (création de QCM et prompts) ? Plusieurs réponses possibles.
histogramme
Perception globale de l’intérêt du chatbot
Histogramme
Le chatbot est surtout vu comme utile pour apprendre/réviser et comprendre l’IA, mais on note aussi un intérêt pour l’utilisation du langage Markdown.

Quelques réponses libres en fin de sondage (la moitié des élèves a indiqué : RAS) :

  • Le chatbot est bien mais lorsque c’est nous qui le faisons, c’est beaucoup moins utile que quand c’est vous qui le faites, sinon très très pratique et bien plus prenant que de simple révisions !!
  • Bien préciser que ce n’est pas suffisant pour réviser. Elle pourrait peut être apprendre à faire des schémas ?
  • C’était globalement bien, peut-être un peu plus d’entraînement aux exercices type bac qui sont, je trouve, très compliqué à appréhender.
  • Mettre à jour plus souvent.
  • Je trouve que l’on passe beaucoup de temps à créer des questions ou des prompts mais que ces questions ne valent pas toujours la peine car elles n’englobent parfois pas tout le chapitre

BILAN
Plus-values dégagées

  • La prise en main du langage Markdown a été plutôt facile et rapide pour les élèves. L’outil ne constitue donc pas un frein technique.
  • L’exploitation et la construction du chatbot, associée à 2 autres activités en cours d’année sur l’usage de l’IA générative de texte, a permis d’amorcer une réflexion et mettre en œuvre de l’esprit critique face aux réponses de l’IA, même si cet aspect n’a été perçu que par une partie des élèves. Ainsi, le chatbot est aussi un outil de culture numérique et d’initiation aux codes du numérique.
  • Le chatbot constitue un outil de mémorisation et d’entraînement qui se construit tout au long de l’année, et un fil rouge entre les chapitres.
  • Le chatbot ne remplace pas magiquement une méthode de révision, mais il apporte un levier d’engagement pour une partie de la classe, notamment ceux qui aiment l’interactivité.
  • ViTa sera toujours disponible l’année suivante en Terminale pour leurs révisions du programme de 1ère spécialité SVT.

Difficultés rencontrées

  • Du point de vue technique, le contenu du chatbot est devenu trop long pour CodiMD à partir du 3e trimestre, le fichier a dû être hébergé sur la Forge des communs numériques.
  • Concernant l’IA, les séances ont permis une première acculturation, mais pas encore une compréhension solide. Les élèves retiennent l’usage, mais moins les mécanismes derrière.
  • Après un bon démarrage sur le 1er semestre, la difficulté a été de tenir le projet toute l’année et de garder les élèves motivés. Les élèves sont curieux, mais le chatbot n’est pas encore devenu un outil réflexe de travail personnel. Il reste associé au cadre scolaire plutôt qu’à une aide spontanée.
  • Pour certains élèves, l’intérêt de construire le contenu eux-mêmes n’est pas évident, ils ne font pas le lien avec leurs processus d’apprentissage (compréhension, remobilisation, mémorisation). Comme le suggèrent les réponses libres, le produit final a été jugé insuffisant, avec des questions trop simples quand elles sont créées par les élèves, pas assez nombreuses, donc répétitives quand ils rejouaient les quiz (perçu négativement alors que la répétition est un des ressorts de la mémorisation).

Pistes d’amélioration
L’année prochaine, j’envisage de faire évoluer cette séquence :

  • donner plus de sens en le reliant à un travail sur les femmes scientifiques, adossé à un concours d’affiches sur les femmes toutes disciplines confondues ayant lieu au sein de l’établissement
  • conserver la base de révision de 2nde pour un chatbot disponible dès la rentrée
  • faire travailler les élèves en équipe à la construction d’un chatbot de femme scientifique, soit une dizaine de chatbots, plus ciblés et plus légers
  • approfondir et mieux structurer les activités sur l’IA, avec notamment un parcours Éléa
En conclusion, ce travail de co-élaboration d’un chatbot avec les élèves tout le long de l’année n’est pas une activité miracle, mais un bon support pédagogique et métacognitif, à condition d’en structurer les usages, ritualiser les séances et expliciter les objectifs d’apprentissage.

Aller plus loin

Remerciements

Un grand merci à Cédric Eyssette pour la création de cet outil libre et gratuit, ainsi que pour sa très grande réactivité et inventivité face à mes demandes !


[1Pour en savoir plus, Qu’est-ce que l’IA ? sur le site BercyNumérique.

[2Pour plus d’informations sur les outils et usages de l’intelligence artificielle en SVT, consulter l’article L’IA au service des enseignants de SVT.

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