Le préambule du programme de l’enseignement scientifique stipule explicitement que « Le traitement des thèmes figurant au programme permet de présenter des méthodes, modèles et outils mathématiques utilisés pour décrire et expliquer la réalité complexe du monde, mais aussi pour prédire ses évolutions ». Pour cela, « des outils numériques variés trouvent des applications dans le cadre de l’enseignement scientifique : logiciels de calcul ou de simulation, environnements de programmation, logiciels tableurs, etc. » Les outils de modélisation et de simulation ont donc toute leur place dans cet enseignement et sont un atout pour permettre aux élèves d’aborder de manière concrète des notions parfois complexes et difficiles à appréhender dans une salle de classe, tout en leur présentant des outils et des méthodes qui les aideront à mieux appréhender le travail des scientifiques.
Professeur
Olivier LICENSE, lycée Richelieu, Rueil Malmaison (92)
Caractéristiques de la séance
| LIAISON AVEC LE PROGRAMME | |
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| Niveaux concernés | Terminale Enseignement Scientifique |
| Partie du programme | Dans le sous-thème « 3.2 – L’évolution comme grille de lecture du monde » du thème 3 : « Une histoire du vivant ». Les concepts de variation et de sélection naturelle éclairent des pratiques humaines (médicales et agricoles) et certaines de leurs conséquences. |
| PLACE DANS LA PROGRESSION |
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| Cette séance termine le chapitre, après avoir étudié plusieurs structures anatomiques humaines dans une visée évolutionniste. Le chapitre 3.1 sur La biodiversité et son évolution a aussi été traité préalablement, de sorte que les élèves sont déjà familiers du logiciel Edu’Modèles (voir l’article L’effet de la fragmentation de l’habitat sur le crapaud commun). |
| MISE EN SITUATION |
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| Les concepts de la biologie évolutive nous ont permis de mieux comprendre l’origine des caractéristiques de plusieurs structures anatomiques humaines. Ils peuvent aussi nous permettre de comprendre certains phénomènes biologiques importants pour nos sociétés humaines, comme par exemple en médecine, où l’évolution rapide des organismes microbiens nécessite d’adapter nos stratégies d’utilisation des antibiotiques. C’est aussi le cas dans l’agriculture, où nos pratiques agricoles ont un effet sur la biodiversité et son évolution. |
| OBJECTIF |
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À l’aide d’une modélisation numérique, on cherche à montrer à travers un seul des 2 exemples suivant :
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| PRODUCTION ATTENDUE |
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| Un fichier numérique répondant au problème, illustré de captures d’écran et des données numériques obtenues avec leur analyse et la critique de vos résultats. |
| NOTIONS, SAVOIR-FAIRE, COMPÉTENCES | |
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| Notions |
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| Savoir-faire |
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| Compétences transversales |
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| Cadre de référence des compétences numériques (CRCN) | |
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Déroulement de la séance
| ACTIVITÉ | ||
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| Durée : une séance de 55 min | Coût : 0 euros | Sécurité : RAS |
| OUTILS NUMÉRIQUES ET RESSOURCES | |
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| Logiciel Edu’modèles | Modèle algorithmique (multi-agents), niveau expert |
| Fiche technique Edu’Modèles | |
| Fiche élève | |
| Fichier maïs_chenille_insecticide_premodele.modele | |
| Fichier bacterie_antibiotique_premodele.modele | |
| Vidéo « The Evolution of Bacteria on a "Mega-Plate" Petri Dish » | Lien vidéo |
| Documents « Ressources » | |
| DÉMARCHE A SUIVRE POUR LA MODÉLISATION DE L’EFFET DES ANTIBIOTIQUES SUR L’ÉVOLUTION BACTÉRIENNE |
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| 1- Commencez par regarder la vidéo de l’expérience. 2- Après avoir fait tourner le modèle une première fois sans modification particulière, identifiez le paramètre à modifier dans la règle de division des bactéries sensibles. 3- À l’aide du document 2 p. 240 du manuel, ajoutez une première règle permettant d’expliquer l’apparition de bactéries résistantes. Rq : le taux de mutations est naturellement très faible, de l’ordre de 10-4 à 10-6 ; on le fixera à 0.05 % dans cette modélisation. 4- En considérant que les mutations s’accumulent progressivement l’une après l’autre dans les cellules bactériennes, ajoutez les règles manquantes pour observer l’apparition de bactéries résistantes capables de se multiplier dans les zones où l’antibiotique est de plus en plus concentré. 5- Lorsque votre modèle est complet, testez-le en le comparant aux observations expérimentales (vidéo) pour le valider. Appelez le professeur pour validation. 6- Une fois votre modèle validé, modifiez judicieusement les zones de l’environnement afin de montrer que c’est bien l’usage excessif d’antibiotique qui est responsable du développement de souches bactériennes très résistantes. 7- Analysez les résultats obtenus pour répondre à la problématique et critiquez le modèle utilisé. |
| DÉMARCHE A SUIVRE POUR LA MODÉLISATION DE L’EFFET DES INSECTICIDES SUR L’ÉVOLUTION DES CHENILLES |
| 1- Commencez par lire les documents 4 et 5 p. 241 du manuel. 2- Après avoir fait tourner le modèle une première fois sans modification particulière, identifiez le paramètre à modifier dans la règle de reproduction des chenilles sensibles. 3- À l’aide du document 2 p. 240 du manuel, ajoutez une première règle permettant d’expliquer l’apparition de chenilles résistantes. Rq : le taux de mutations est naturellement très faible, de l’ordre de 10-4 à 10-6 ; on le fixera à 0.05 % dans cette modélisation. 4- À l’aide du document 7 p.241, ajoutez une deuxième règle pour compléter les règles de reproduction des chenilles. 5- Lorsque votre modèle est complet, testez-le en le comparant aux observations réelles du document 5 pour le valider. Appelez le professeur pour validation. 6- Une fois votre modèle validé, modifiez judicieusement les zones de l’environnement afin de montrer qu’une zone refuge permet bien de conserver des chenilles sensibles dans la population (document 7). 7- Analysez les résultats obtenus pour répondre à la problématique et critiquez le modèle utilisé. |
Informations sur le logiciel Edu’Modèles et sur les modèles fournis
- Edu’Modèles permet de faire de la modélisation algorithmique, c’est-à-dire que les modèles sont basés sur des algorithmes simples utilisant des agents (entités) qui interagissent entre eux grâce à des règles (comportements).
Pour le pré-modèle Bactérie antibiotique :
- Environnement :
• la planche de culture des bactéries est modélisée et les différentes zones contenant des antibiotiques sont représentées en nuance de gris, allant du blanc = zone sans antibiotique (dite non affectée ici) au gris foncé = zone la plus concentrée en antibiotique (nommée Antibiotique 1000) ;
• à l’ouverture (t=0), les bactéries sensibles sont déjà déposées sur la bordure gauche de la planche de culture. - Agents du modèle : (ne pas changer le paramétrage des agents)
• Bactérie S : Bactérie E. coli sensible à l’antibiotique ;
• Bactérie R1 : Bactérie E. coli résistance à une dose d’antibiotique = 1 UA ;
• Bactérie R2 : Bactérie E. coli résistance à une dose d’antibiotique = 10 UA ;
• Bactérie R3 : Bactérie E. coli résistance à une dose d’antibiotique = 100 UA ;
• Bactérie R4 : Bactérie E. coli résistance à une dose d’antibiotique = 1000 UA. - Règles du modèle :
• Division S : Décrit la division d’une bactérie E. coli sensible.
Pour le pré-modèle Maïs Chenilles insecticide :
- Environnement :
• une parcelle de culture est modélisée et peut être découpée en différentes zones : zone sans insecticide (fond vert) et zone avec insecticide (fond rouge) ;
• à l’ouverture (t=0), les maïs est déjà disposé aléatoirement sur toute la parcelle de culture, quel que soit le zonage. - Agents du modèle : (ne pas changer le paramétrage des agents)
• Maïs : pied de maïs ;
• Chenille Sensible : chenille affectée par l’insecticide ;
• Chenille Résistante : chenille non affectée par l’insecticide ;
• Insecticide : molécule insecticide ; - Règles du modèle :
• Ravage Maïs Cheni Résist : décrit le ravage des pieds de maïs par les chenilles résistantes ;
• Ravage Maïs Cheni Sensi : décrit le ravage des pieds de maïs par les chenilles sensibles ;
• Reproduction RR : décrit la reproduction de 2 chenilles (en réalité papillons) résistantes
• Reproduction SS : décrit la reproduction de 2 chenilles (en réalité papillons) sensibles
• Action Insecticide : décrit l’action de l’insecticide sur les chenilles sensibles.
Explications, analyse et pistes d’amélioration
| EXPLICATIONS À L’INTENTION DES COLLÈGUES |
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| 1- Dans cette activité, un pré-modèle est donné aux élèves, ce qui permet de gagner du temps dans la compréhension de la modélisation à réaliser. Par contre, il ne prend pas en compte tous les aspects du réel et va donc nécessiter des améliorations (modification et/ou ajout de règles), ce qui oblige les élèves à une bonne compréhension des phénomènes étudiés (intervention des mutations et de la sélection naturelle) pour leur implémentation dans le modèle. 2- Le modèle étant stochastique, les résultats peuvent beaucoup varier d’une simulation à l’autre (surtout pour le modèle « chenilles ») et les élèves vont vite s’en rendre compte. Cela permet d’amener une réflexion sur la nécessite de réaliser plusieurs simulations pour faire des moyennes et donc ébaucher un semblant de traitement statistique des valeurs obtenues. Le choix du nombre de simulations peut être laissé à l’appréciation des élèves ou du professeur. Mais le nombre de simulations ne sera forcément pas suffisant pour un véritable traitement statistique, car c’est un compromis à faire avec la durée de la séance. Ce point doit donc être critiqué avec les élèves. 3- Il faut, comme dans toute activité basée sur des simulations obtenues par des modèles, bien aider les élèves à distinguer la première phase de construction/amélioration du modèle, qui vise à traduire numériquement au mieux les phénomènes réels (ici les mutations et la sélection naturelle) et la seconde phase d’utilisation de ce modèle, à travers plusieurs simulations qui vont permettre d’observer l’effet du paramètre testé (présence ou non d’antibiotique avec des doses croissantes, présence ou non d’une zone refuge). 4- La taille des zones choisies par les élèves peut varier selon les groupes. Il faut s’assurer que les différentes zones tracées grâce à l’outil Zones ont des tailles correctes (ni trop petites, ni trop grandes). 5- Parmi les critiques des modèles que l’on peut formuler et aborder avec les élèves, on peut noter au minimum (en plus du nombre de simulations pour un traitement statistique) : – Pour le modèle antibiotique : le fait que les mutations se produisent les unes à la suite des autres (ce qui n’est pas forcément le cas dans la réalité), qu’il peut exister plusieurs mutations différentes conférent une même résistance et qui peuvent donc être à l’origine de souches différentes (ce qui n’est pas le cas dans notre modèle où il n’y a qu’une seule souche résistante à une concentration donnée). – Pour le modèle insecticide : la reproduction des chenilles S-S et S-R se fait dans la zone sans insecticide, ce qui est cohérent avec le fait que les chenilles sensibles sont affectées par l’insecticide dans la zone où il est présent, mais n’est réellement pas vrai. C’est une simplification volontaire pour faire un modèle qui tourne plus facilement. |
| QUELQUES PRODUCTIONS D’ÉLÈVES | ||
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| J’ai choisi de faire réaliser aux élèves un fichier numérique de type diaporama, présentant leurs simulations avec leurs résultats et analyses. On peut partager les productions des groupes sur un mur collaboratif (Pearltrees, ENT), ou simplement les récupérer sur clé USB. | ||
| ANALYSE ET ÉVALUATION DU DISPOSITIF | |
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| Plus-values dégagées |
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| Difficultés rencontrées |
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| Pistes d’amélioration |
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Articles scientifiques fondateurs
- L’évolution en direct de la résistance aux antibiotiques. D’après l’article Baym et al. « Spatiotemporal microbial evolution on antibiotic landscapes » Science, 6304 : p1147-1151 (2016)
- Denis D. Bourguet, Josette Chaufaux. Pyrale du maïs et maïs transgénique Bt : sélection et gestion de la résistance. AIP-INRA ”OGM et Environnement”, Apr 2002, Paris, France. hal-02762708
Remerciements
au GEP ainsi qu’à Laurent GUERRE et Matthieu BAUER pour leur relecture attentive et leurs conseils.










